AUBAINE groupe de travail

Il y a des choses qu’on peut faire tout seul et des choses pour lesquelles on a besoin des autres. Certaines sont clairement définies, rendues possibles par l’organisation sociale et la division du travail, tandis que d’autres sont plus informelles. En tant qu’artiste, écrivain, etc. nous nous retrouvons souvent dans la situation de demander à un proche, un camarade d’atelier, de relire un texte, ou donner son avis sur l’état d’avancement d’un tableau ou de participer à une performance. Sans ces coups de main peu d’oeuvres verraient le jour. Ces aides relèvent de ce que Pierre-Joseph Proudhon qualifie « d’aubaine », c’est-à-dire la chance de bénéficier d’un collectif (aussi réduit ou étendu soit-il) pour réaliser un travail impossible sinon. Dans l’esprit de Proudhon, l’aubaine concerne surtout les capitalistes qui captent pour leur compte cette valeur collective offerte par un groupe de travailleurs. Mais nous pouvons imaginer aussi redonner son sens positif à l’aubaine en formalisant cette situation d’entraide usuelle dans les arts. Pour cela, je vous propose de nous réunir en petit groupe qui recréerait les conditions d’une telle aubaine. Au cours d’une journée, chacun pourrait demander aux autres un travail, une tâche pour laquelle elle ou il aurait besoin d’autres personnes bienveillantes. La journée serait divisée suivant le nombre de participants et leurs besoins. La condition de cet exercice étant d’accorder sa confiance les uns aux autres et bien sûr de ne rien se demander qui puisse excéder les limites de chacun ou leur paraître dégradant.
La session #1 de l’Aubaine a eu lieu à Montreuil le 25 février 2020.